Notre Fondateur

Missions en Bretagne

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Le Calvaire de Pontchâteau, ancienne gravure

Après sa retraite au Mont Saint-Michel, Louis-Marie se mit à la recherche d'une équipe de missionnaires dirigée par l'un des plus célèbres missionnaires bretons, l'Abbé Leuduger; il les rejoignit à Dinan et fut accepté comme membre de l'équipe. Pendant quelques mois il prêcha avec l'équipe de nombreuses missions dans les diocèses de Saint-Malo et Saint-Brieuc, dont une mission dans sa ville natale, Montfort-sur-Meu, et d'autres à Plumieux et La Chèze (où il rénova une très vieille chapelle en ruines dédiée à Notre-Dame de Pitié). Dans les villes où se donnaient les missions, il avait toujours une préférence pour les quartiers les plus pauvres, et lançait souvent des initiatives pour secourir les pauvres, comme par exemple une soupe populaire à Dinan.

Mais il ne pouvait peut-être pas donner sa pleine mesure comme membre d'une équipe, et au bout de quelques mois il quitta l'équipe missionnaire pour aller passer un an à Saint-Lazare, à la sortie de Montfort-sur-Meu, en compagnie de deux Frères qui s'étaient adjoints à lui. Il s'y adonna à l'enseignement du catéchisme auprès des personnes qui visitaient l'ancien prieuré et forma les deux Frères à la vie communautaire. Au bout d'un an il se rendit probablement compte qu'il trouverait ailleurs davantage d'occasions de prêcher des missions et il partit travailler dans le diocèse de Nantes.

Pendant deux ans il prêcha des missions à Nantes et aux alentours et presque toutes connurent un grand succès, avec un bon nombre de conversions. Sa réputation de grand missionnaire se propagea, et partout les gens ordinaires commencèrent à l'appeler "le bon Père de Montfort". Il essaya de prolonger les résultats spirituels de ses missions en fondant des confraternités et associations qui encourageraient les gens à demeurer fidèles à la rénovation de leurs promesses baptismales, et aussi en érigeant des souvenirs tangibles des missions sous la forme de calvaires. A Pontchâteau il se fit aider par plusieurs milliers de personnes pour ériger un souvenir plus impressionnant de l'amour de Dieu sous la forme d'un calvaire géant.

Le calvaire de Pontchâteau devait pourtant lui causer bien des déceptions. La veille du jour de la bénédiction du calvaire, l'évêque interdit la bénédiction car il avait appris que le roi lui-même avait ordonné la démolition du calvaire. Cette triste affaire de la démolition par ordre royal était le résultat de la jalousie et une revanche mesquine, mais il semble bien que l'évêque ne pouvait faire autre chose que de refréner les "excès" de ce prêtre extraordinaire, et quelques jours plus tard il lui interdit de prêcher dans son diocèse. Ce ne fut pas le seul cas mais peut-être le plus frappant entre tous où Louis-Marie fut invité à partager la Croix du Christ. Il ne se laissa pas abattre par cette épreuve qui, au contraire, le porta à la réflexion et à la méditation, et il livra ses réflexions dans un court écrit, la Lettre aux Amis de la Croix.

Même si tout ministère ne lui était pas interdit dans le diocèse de Nantes, il était bien clair que s'il voulait continuer à prêcher il lui fallait aller ailleurs. A l'invitation de l'évêque de La Rochelle il quitta Nantes en 1711 et commença la dernière période de sa vie pendant laquelle il prêcha des missions dans les diocèses de La Rochelle et Luçon, dans la région appelée "Vendée Militaire".


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