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Pèlerinage à Lourdes - 2010 par Joseph Philor s.m.m.

Pèlerinage à Lourdes - 2010


Par un signe de la croix, témoigner d’un signe de la foi !

Lors de la première apparition à la grotte, prise de peur, la petite Bernadette, tenta de se signer, pensant que c’était un moyen pour se protéger de cette Dame extraordinaire et lumineuse. Bernadette raconte qu’elle était comme paralysée, bloquée, et qu’elle n’y parvint qu’après que la Dame elle-même se fût signée.

Que se passe-t-il à travers ce phénomène mystérieux ? Geste de la petite Bernadette, geste de la Dame ! A travers ce tableau, nous sommes invités à repérer deux enseignements, l’un venu de Bernadette et l’autre de la Dame. Un premier enseignement est celui de se recouvrir d’une force supérieure, ce que Bernadette a essayé de faire. Un deuxième enseignement est celui du geste de la Dame pour dire clairement à Bernadette qui elle est elle-même, et lui dire qu’elle est porteuse de cette force protectrice. C’est ce que la Dame lui déclare quand elle lui dit : « Je suis l’Immaculée Conception créée pour pouvoir accueillir le Verbe de Dieu, de l’Immaculée conception incréée, qu’est le Saint Esprit ! » (Cf. Joël Guibert, dans Renaître d’en haut, page 315). FILLE DE L’HOMME, JE SUIS PLEINE DE DIEU, parce que PLEINE DE GRACES, DONC PLEINE DE LA VIE DE DIEU. C’est là toute une catéchèse ! On comprend donc pourquoi, cette année encore, les montfortains de la Province de France ont pu bien profiter du thème du 62ème pèlerinage intitulé : ’’ signe de la croix, signe de la foi’’, un signe assez simple, mais combien riche et profond ! C’est ainsi que, durant toute la semaine du 11 au 17 avril, nous étions tous invités à refaire ce signe avec Bernadette et Marie, en passant d’un geste machinal et magique à un geste de foi.

Le pèlerinage de l’année 2010 est comme caché à l’ombre de la croix. Il se situe à la croisée de deux axes importants pour les montfortains : l’épreuve d’Haïti et le tricentenaire du calvaire de Pontchâteau. Ce n’est pas par hasard qu’en cette année du tricentenaire du calvaire de Pontchâteau, Haïti se trouve sous le poids de la croix. En 1871, la croix de la mission quittait Pontchâteau pour Haïti, première mission hors de la France,  qui était à l’époque le centre de la Compagnie de Marie. Que célébrons-nous à Lourdes, en ce 12 avril 2010 ? L’ouverture du pèlerinage des montfortains de la Province de France ? Le troisième mois du tremblement de terre en Haïti ? En fait, cette date synthétise les deux événements. Ceux-ci sont totalement confondus afin de donner un sens à la mission montfortaine, d’une façon particulière aux Provinces de France et d’Haïti, et d’une façon générale à toutes les entités montfortaines qui ont dû profiter de cette grâce ainsi qu’à l’Eglise Universelle.

Pendant les interminables 35 secondes qui ont secoué Port-au-Prince le 12 janvier 2010, comme pour Bernadette à la grotte de Lourdes lors de la première apparition, combien de « Pater noster » ont été dits ? Combien d’« Ave Maria » récités ? Combien de « Le Verbe s’est fait chair » ont été priés ? Et enfin combien de « signe de la croix » ont été tracés ? Aujourd’hui, 139 ans après l’arrivée de cette croix plantée sous l’action de l’Esprit Saint par les montfortains français dans le sol haïtien, sous le poids d’une croix, le peuple haïtien témoigne de sa foi à la face du monde entier.

Ce n’est vraiment pas sans raison qu’à l’ouverture du pèlerinage 2010, la croix du pèlerinage a été portée en tête de la possession suivie par deux drapeaux haïtiens et deux tableaux présentant les visages de nos seize missionnaires montfortains, missionnaires de la compagnie de Marie et Filles de la Sagesse, victimes du séisme du 12 janvier 2010. Il ne s’agissait pas d’un geste pour faire comme si : Haïti était au cœur du pèlerinage dans cette année marquée par le signe de la croix. Lors de la messe de clôture, le même geste a été répété avec la croix, les deux drapeaux haïtiens et les photos de nos six religieuses Filles de la Sagesse et des onze confrères de la compagnie de Marie, pour marquer la volonté d’une communion éternelle entre les deux peuples et la mission de l’Eglise des deux nations.

Au cours de son homélie, Mgr Soubrier faisait remarquer que Lourdes est le carrefour d’un monde à l’endroit (propos tirés de l’homélie de Mgr Georges Soubrier, « prototype du bon Berger », à l’occasion de la messe pour les pèlerins malades, le mardi 13 avril, au Podium Prairie), tandis que nous vivons trop souvent dans un monde à l’envers. Mgr Soubrier nous invitait à prier en faveur de tous ceux et de toutes celles qui encouragent l’existence de ce monde à l’envers, pour que, avec Bernadette et La Vierge, tous ensemble nous réapprenions à faire la volonté de Dieu, Lui qui nous créa pour vivre dans un monde à l’endroit. L’évêque président du pèlerinage n’a manqué aucune occasion de prier en faveur d’Haïti et, à travers elle, il priait et nous invitait à prier pour le monde entier. Oui, Lourdes est vraiment le symbole d’un monde à l’endroit, un carrefour où chacun trouve sa touche particulière, un carrefour où chacun est pris au sérieux, le riche et le pauvre, le bien-portant et le malade, le plus jeune et le plus âgé. Lourdes est une invitation constante à retrouver, en tout premier lieu, notre foi, pour retrouver ensuite notre vue.

Aux dirigeants du pèlerinage montfortain, aux responsables de la Province de France, j’affirme que cette richesse n’est pas un simple cadeau, mais une richesse à diffuser aux riches et aux pauvres des quatre coins du monde ; le pèlerinage à Lourdes : un espace privilégié pour partager notre spiritualité.  Je félicite les responsables de la Province de France pour avoir toujours su marquer les trois temps de la mission durant le pèlerinage montfortain, trois temps qui sont aussi les trois axes principaux dans toute activité missionnaire sérieuse. Si la science de la mission exige ces trois temps, c’est pour pouvoir normalement faire une place aux laïcs, ce que le pèlerinage montfortain a su réaliser de manière très concrète dans l’application de sa mission, par un temps de permission, un temps de mission en tant telle et un temps de démission qui est encore le grand temps de la mission. Dans l’Evangile de ce troisième dimanche de Pâques, Jésus a lui aussi marqué le temps de la démission en appelant Pierre dans sa mission.

Après son dialogue avec Pierre, tandis qu’Il ne va plus être là, Il lui dit : Suis-moi !
(Propos du père Olivier Maire au cours de la messe de 9 heures am, dans une homélie partagée à l’oratoire de la communautéde la Tombe Issoire). PERMISSION-MISSION-DEMISSION.

Joseph Philor smm,
Participant au pèlerinage montfortain à Lourdes,
avril 2010.


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